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Pourquoi faire une thérapie dans sa langue maternelle change tout

  • 10 mars
  • 3 min de lecture
poppy
poppy seed

Je travaille avec beaucoup de clients francophones qui vivent en Nouvelle-Zélande ou dans d’autres pays anglophones. La plupart font leur thérapie en anglais, parce que c’est la langue de leur vie quotidienne, de leur travail, de leur monde social. Certains la maîtrisent même parfaitement.


Mais quand nous commençons à travailler en français, quelque chose se déplace. Il y a une qualité d’accès particulière, à l’émotion, à la mémoire, au corps, qui est simplement différente.


Ce n’est pas qu’une observation clinique. Il existe une littérature de plus en plus riche sur le lien entre la langue et l’expérience émotionnelle, et ce qu’elle nous enseigne mérite attention.


La langue étrangère comme écran émotionnel


Des recherches sur le bilinguisme et le trauma montrent que les personnes bilingues ressentent souvent moins d’intensité émotionnelle lorsqu’elles décrivent des événements difficiles dans leur deuxième langue. La langue apprise à l’âge adulte agit comme un filtre, plus intellectuelle, plus opératoire, déconnectée de la charge affective primaire.


On traduit son malheur au lieu de le dire. Cette distance peut être utile dans certains contextes. Mais dans le travail somatique et le travail sur le trauma, c’est souvent la proximité que l’on cherche à retrouver. Le corps, lui, ne traduit pas.


La langue maternelle vit plus près du corps


Nos expériences les plus formatives se produisent avant même que nous ayons un langage pleinement développé. Mais la première langue que nous acquérons devient profondément liée à ces mémoires émotionnelles et relationnelles précoces. C’est dans cette langue que nos affects ont été nommés pour la première fois.


Un mot comme « manque », « honte » ou « tendresse » n’a pas la même résonance psychique que son équivalent en anglais. Quand on peut retrouver cette langue en séance, on retrouve aussi quelque chose de plus direct. Une sensation dans la gorge, une contraction dans le ventre, une image qui remonte.


Le coût invisible du faux-self d’adaptation


Réussir à l’étranger demande souvent de construire une version de soi adaptée aux codes de la culture d’accueil. Une façon de parler, de se présenter, de gérer les émotions en public. C’est un travail constant, souvent invisible, et épuisant.


La séance en français devient alors quelque chose de rare : un espace où on n’a pas besoin de se traduire, de performer, de s’adapter. On peut être maladroit, imprécis, trop intense, sans que ça coûte quelque chose. Pour le système nerveux, cette permission est déjà une forme de régulation.


La langue façonne comment tu te comprends toi-même


La langue n’est pas qu’un outil de communication. Elle structure la façon dont on construit du sens, dont on comprend ses propres expériences. Certaines émotions, certaines textures d’expérience, n’ont de mot qu’en français. Quand on les cherche en anglais, quelque chose se perd.


Dans le travail somatique et la Compassionate Inquiry®, la précision compte. Quand on peut nommer exactement ce qu’on ressent, dans la langue qui sonne juste, le système nerveux répond différemment. Il y a reconnaissance. Il y a résonance. Et c’est souvent là que quelque chose commence à bouger.


Et si le français te semblait insuffisant pour parler de toi?


Beaucoup de personnes qui ont fait leur développement personnel en anglais se retrouvent dans une situation particulière. Faute de ressources traduites, elles ont appris à nommer leurs émotions, leurs schémas, leurs blessures dans une langue qui n'est pas la leur. Et elles finissent par croire qu'elles sont plus à l'aise en anglais pour parler d'elles-mêmes.


Mais il y a une différence entre avoir du vocabulaire dans une langue et avoir accès à soi dans cette langue. Se réapproprier ces mots en français, apprendre à dire "système nerveux", "attachement", "honte" dans sa propre langue, c'est reconnecter des parts de soi qui ont peut-être été laissées de côté.



Pour beaucoup, c'est une étape inattendue mais essentielle sur le chemin de guérison.


C’est en partie pour cela que je propose des séances en français


En tant que praticienne francophone travaillant avec le Compassionate Inquiry et l’approche somatique, j’ai vu à quel point tout change quand un client n’a pas à se traduire. Ses émotions, ses histoires, le langage subtil de son système nerveux.


Si tu es francophone et que tu vis à l’étranger, et que tu as fait ton travail intérieur en anglais jusqu’ici, la question vaut la peine d’être posée : qu’est-ce qui n’a pas encore été dit, simplement parce que les mots justes n’étaient pas là ?


Je travaille en ligne, donc accessible où que tu sois dans le monde.

 
 
 

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